Devant Shakespeare, auquel il fait d’innombrables allusions dans ses livres, Joyce ne sait comment rivaliser, si ce n’est en mettant Bloom face à son destin, comme Hamlet l’est au sien, avec ce thème commun de la paternité : « Il leur faut déroger à la règle ancestrale de la filiation biologique en lui substituant une filiation choisie », analyse notre conférencier.
En revanche, le Dublinois méprisait quelque peu le conseiller de Weimar, inféodé au pouvoir, mais il avait en commun avec Goethe de se penser en génie capable de tout embrasser et de tout exprimer, et cela quoi qu’il en coûte et jusqu’à leur dernier souffle.
Chez Hugo, l’auteur de Portrait de l’artiste en jeune homme retrouve un exilé partisan d’un projet européen capable de rassembler comme de respecter les cultures nationales.
Vincent Laisney a conclu en donnant les quatre critères qui, à ses yeux, permettent de reconnaître un génie littéraire : une capacité de travail hors du commun, celle d’assimiler la réalité éclatée du monde et de la redonner sous une forme recomposée, celle de créer des mythes et des types humains qui deviennent des références universelles pour se penser soi-même, et celle de construire leur œuvre à la manière d’un architecte.
LE JOUR D'ULYSSE 2015
LA CONFÉRENCE DE VINCENT LAISNEY
Le samedi 20 juin 2015, le Jour d'Ulysse nous a invités à un
voyage au centre de la littérature,
thème de la conférence qu'a donnée Vincent Laisney, auteur de
Sept génies (Homère, Dante, Cervantes, Shakespeare, Goethe, Hugo & Joyce),
voyage au centre de la littérature (éditions Les Impressions nouvelles).
Au programme, également, les traditionnelles animations ont apporté
leurs touches irlandaises et savoureuses.
Impossible, évidemment, de résumer une conférence de plus d’une heure et demie où, au lieu de parler ex cathedra, Vincent Laisney a livré, en improvisant et en dialoguant avec les autres intervenants et le public, la substantifique moelle d’un ouvrage dans lequel il tente d’approcher, à travers leurs biographies et leurs œuvres, ce qui fait le génie de sept grands écrivains…
À Saint-Gérand-le-Puy, il s’est efforcé de cerner plus précisément les liens qui peuvent exister entre James Joyce et les six autres. À commencer, évidemment, par la “matrice” homérique d’Ulysse, la célèbre Odyssée, transposée et condensée par Joyce dans la banalité d’une journée (le 16 juin, le fameux Bloomsday) dans le Dublin de 1904 : « Dans l’Odyssée, on pérégrine ; avec Ulysse, on est dans un poème du mouvement, celui du petit voyage de la vie », résume Vincent Laisney.
Dans son roman, Joyce fait beaucoup d’allusions à Dante, dont il parlait la langue, qu’il admirait beaucoup et avec lequel il partageait la douleur de l’exil (thème central de l’œuvre Joycienne), la conscience de leur génie propre (celui de la langue, avec toutes les inventions verbales et l’ivresse lexicographique qui culmina, chez l’Irlandais de Saint-Gérand, dans son ultime opus, Finnegans Wake).
Avec Cervantès, Joyce se trouve en compagnie d’un alter ego spécialiste de l’infortune, expert en malchance (comme en témoignent les biographies des deux auteurs), mais aussi organisateur de son propre délire (jusqu’à la scatologie, chez l’un et l’autre) et qui dialogue avec son lecteur (la fameuse réflexivité du roman moderne).
Merci de votre visite !
 
Mise à jour le
26 MAI 2023
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© Bernard Deubelbeiss